Le secret des grottes blanches

J’ai toujours aimé l’écriture, les citations, les belles phrases, et il y a longtemps que j’avais dans l’idée d’écrire un roman.

Mais je n’ai jamais pris le temps de le faire. Maintenant que je suis dégagé des obligations du travail, je me suis lancé.

Je suis parti dans le noir en ce qui concerne l’écriture, ça n’a jamais été mon métier, et mis à part à l’école, je n’ai pas fait d’études pour ça.

Déjà heureux d’avoir réussi à noircir presque 300 pages avec ce premier livre, les retours ont été plutôt bons, c’est encourageant. (vous pouvez laisser un commentaire).

Pourtant, il n’était pas parfait. Comme je l’ai édité moi-même, il restait plein d’erreurs: d’orthographe, de mise en page, je les  ai corrigées pour la réédition. L’expérience aidant, le second sera plus abouti techniquement.

Quelques extraits savoureux:

Le casting

« … Sur la file de gauche, Micheline Jaubert se présenta à Alain tout souriant :

– Dites-moi vos : nom, prénom, âge et qualité,

– De nom, j’en ai qu’un : Jaubert, mes prénoms sont : Micheline, Odile, Christine, mes qualités : gentille, travailleuse, et quand on est un homme galant, on ne demande pas l’âge d’une dame !

Tous ceux qui avaient entendu éclatèrent de rire :

– Ben quoi, c’est vrai, on ne demande jamais son âge à une dame !

Alain sourit :

– Madame, on n’a pas le temps de s’amuser. Regardez le nombre de personnes qui attendent, quand je dis qualité, ça veut dire votre travail, et ce n’est pas moi qui veux savoir votre âge, c’est pour le rôle.

– Alors, pourquoi vous dites qualité, vous avez qu’à dire travail, on comprendra !

– Répondez à mes questions ou poussez-vous, les autres attendent !

– Bon, je suis couturière, vous devriez le savoir, puisque je vais travailler pour votre patron et mon âge c’est vingt-cinq ans.

Pascal Marol, l’instituteur juste derrière Micheline intervint :

– Je croyais que tu avais vingt-huit ans.

– Quelle importance, il a pas besoin de savoir mon âge réel puisqu’il s’en fout !..

 


Scènes dans le village:

... La rue s’anima, comme à l’habitude : les villageois se rendaient chez les commerçants, la caméra les suivait, s’approchait d’eux. Le perchman tenait le micro au-dessus de leurs têtes pour saisir leurs bavardages. Ce qui agaça Nicole qui finit par regarder en l’air, puis fixa la caméra et se mit à bégayer.

‒ Coupez ! lança Didier. S’adressant à Nicole :

‒ On vous a dit de ne pas regarder les caméras, faites comme s’il n’y avait personne.

‒Plus facile à dire qu’à faire, j’ai pas l’habitude qu’on me tourne autour.

Madeleine toujours aussi délicate s’exprima :

‒ C’est sûr qu’avec la tête qu’elle a personne ne doit lui tourner autour !

Nicole n’était pas, il faut le dire, particulièrement belle.

‒ Tu dois pas avoir de miroir chez toi, tu t’es vue ! tu ferais mieux de la fermer !

Il fallut l’intervention de plusieurs personnes pour évi­ter le crêpage de chignon en règle…


La scène du mariage

… Il y eut donc, ce matin-là, une grande animation sous les barnums. Il y avait beaucoup de monde à habiller et à maquiller. Les deux vedettes, sachant que c’était long, étaient ve­nues de bonne heure. Quant aux figurants, on n’en eut que quelques-uns à habiller. Les autres s’étant présentés dans des vêtements de leur famille. La maquilleuse : Juliette Lauri, n’eut pas trop à faire non plus, la plupart étaient sur leur trente-et-un. Il y eut quand même quelques cas épiques, comme Alphonse, soixante-seize ans, qui était venu vêtu de son uniforme bleu horizon de la grande guerre au complet : la capote croisée à double bouton­nage, les culottes en velours côtelé, les bandes molletières, les brelages en toile, le ceinturon, la cartouchière  ersatz  le Bar­da de campagne As de Carreau  complet, et même le Fusil Le­bel avec sa baïonnette, tout y était.

Il se présenta à Michèle au garde à vous :

‒ Alphonse Duvernet, poilu de la guerre de 14/18. J’étais au  chemin des dames à Soissons en 1917, sous les ordres du Général Nivelle, j’avais dix-neuf ans.

Michèle ne savait comment le renvoyer, il était si fier d’arborer ce costume dans lequel tant de ses conscrits avaient donné leur vie pour la pa­trie.

‒ Monsieur Duvernet, c’est un honneur de vous rencon­trer, mais malheureusement la scène que nous allons tourner se situe en 1940, pendant la seconde guerre, comprenez que nous ne pouvons pas inclure un poilu. Malgré tout le respect que je vous dois.

‒ Bien sûr la grande guerre on n’en parle jamais, c’est trop loin ! il tourna les talons et s’en retourna déçu.

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