Les secrets d’Ursuline

 

Bientôt une nouvelle histoire. Cette fois-ci elle se passe dans la région.   Bien que ce soit une fiction, vous y retrouverez vos villages connus pour une intrigue familiale depuis les années 70 jusqu’à nos jours.

Le synopsis plus quelques extraits.

    Au décès de sa grand-mère Ursuline, Christian hérite de la ferme familiale, dans un petit village de Provence.

     Cet héritage va changer sa vie, car les vieilles bâtisses recèlent parfois des trésors, mais aussi des secrets qu’il vaudrait peut être mieux laisser enfouis.

     Lors de la restauration, Christian va aller de surprises en surprises et découvrir au travers des « secrets d’Ursuline », qu’il est issu d’une famille peu banale.

  L’histoire débute par un hold-up dans une bijouterie marseillaise dans les années 70. Les « casseurs » se réfugient ensuite dans un petit village des basses Alpes. En 2010, Christian assiste à l’enterrement de sa grand-mère Ursuline et va hériter de la « Grange » la ferme familiale. Il ne sait rien de sa famille et va découvrir des secrets insoupçonnés.

       Les chapitres, menés en parallèle, tantôt tristes, tantôt gais, vont se rejoindre pour la découverte des « secrets d’Ursuline ». Christian va découvrir  la vie chaotique de sa grand-mère, racontée par le curé du village qui était son confesseur. Une intrigue familiale surprenante.

EXTRAIT 1 :  13 juin 1972

Les deux hommes cagoulés, armés de fusil à canons sciés, firent irruption dans la bijouterie du boulevard Baille à Marseille.

– Couchez-vous tous par terre, les mains sur la nuque ! Si vous ne bougez pas il ne vous sera fait aucun mal !.. Sauf toi – désignant le bijoutier du bout du canon – Tu vas m’emmener au coffre et l’ouvrir. Et vite, tu es responsable de la vie de ces gens, grouille-toi !

L’autre homme ne dit rien, tout en surveillant les trois personnes allongées au sol, il récupérait les bijoux dans les vitrines qu’il avait fracturées. Le fracas ajoutait à la stupeur des clients qui tremblaient de tous leurs membres. En quelques minutes les sacs des bandits étaient remplis de colliers, parures, pierres précieuses, montres… Dans le coffre, des billets de banque et des lingots d’or. Les deux hommes repartirent aussi vite qu’ils étaient arrivés, en courant jusqu’à la voiture garée en double file quelques mètres plus loin où un complice les attendait. Elle démarra en trombe, les pneus crissant sur la chaussée. Il était neuf heures, la rue n’était pas encore encombrée, la voiture disparut rapidement dans la ville.Dans la bijouterie, les clients étaient ahuris, hébétés. Ils l’avaient échappé belle. Le bijoutier revint vers eux, livide, tremblant. Il n’arrivait pas à parler. « Il faut appeler la police » finit par avancer un des clients. Le patron de la bijouterie prit le téléphone et dut s’y prendre à plusieurs reprises pour arriver à composer le numéro. Son épouse arriva avec une bouteille de cognac pour tenter de réconforter les personnes présentes encore sous le choc.

EXTRAIT 2 : 19 mai 2010 (page 27)

Ce matin, Christian s’est levé de bonne heure. Il a passé une mauvaise nuit à réfléchir à ce qu’il pourrait bien faire de la « Grange » : c’est le nom de la ferme dont il va sûrement hériter, puisqu’il est seul désormais. Il pourrait la vendre, peut-être lui resterait-il quelque argent malgré les frais de succession. Mais c’est la seule chose qui lui reste de sa famille, une famille qu’il a peu connue, mis à part ses grands-parents. La réparer et l’entretenir lui coûterait beaucoup, et il ne se voit pas élever des lapins et des poules, pas plus que Julie. Il n’en n’ont pas parlé ensemble, ils ne sont pas encore mariés. Il se dit maintenant qu’il aurait dû lui demander conseil, mais c’est trop tard, il a rendez-vous chez le notaire de la famille à Sisteron dans moins d’une heure. Peut être que ce dernier lui donnera des idées et l’aidera à régler ce problème.

À neuf heures trente précises, Christian sonne à la porte de l’officier ministériel. Il est reçu aimablement par la secrétaire de l’étude qui le fait patienter quelques instants :

– Maître Chabran va vous recevoir dans quelques minutes, si vous voulez bien patienter dans la salle d’attente.

– Monsieur Bontan, je vous en prie, asseyez-vous. Recevez mes sincères condoléances. Je connaissais bien Ursuline… votre grand-mère, c’ était une brave femme, appréciée de tous.

Un instant de silence suit, le notaire semblant apparemment embarrassé, peu à l’aise.

– Passons maintenant à ce qui nous intéresse :

Ouvrant le dossier qu’il avait devant lui, le notaire sort une lettre et se racle la gorge :

– Madame Bontan, votre grand-mère donc, a porté à ma connaissance cette lettre un peu avant la mort de son compagnon, Edmond, votre grand-père. En voici les termes :

« Christian, tu es le dernier Bontan, aussi la ferme te revient. J’ai fait le nécessaire auprès de maître Chabran près de qui tu dois te trouver. Tout est réglé, tu peux disposer de la ferme à ta convenance. Peut-être ne comptes-tu pas la garder, mais avant de t’en débarrasser, relit la fable de la Fontaine « Le laboureur et ses enfants ». Les secrets de ta famille sont cachés dedans. Si tu veux tout savoir garde-là, sinon oublie d’où tu viens et ne cherche pas à savoir. J’ai voulu souvent te parler de notre famille, mais le courage m’a manqué à chaque fois. Ne me blâme pas pour ce que tu risques d’apprendre, j’ai fait tout ce que je pouvais pour toi. Perpétue la famille Bontan et sois heureux. »

Ursuline Bontan

 EXTRAIT 3 : 20 septembre 1972 (page 47)

C’était une de ces journées comme il n’en existe que dans les arrière-saisons du Midi. Les grosses chaleurs étaient passées, l’azur recouvrait entièrement les pins verts qui entouraient l’étang des Sablets, la température était idéale en ce début de matinée. Le soleil venait de naître à l’orient, son disque orange commençait à allonger les ombres des arbres, l’air était pur, l’onde ressemblait à un miroir. Seules quelques vaguelettes partaient de la barque où Alfred attendait que le bouchon de sa canne à pêche s’enfuie, attiré par quelque barbeau argenté, cherchant lui aussi un petit déjeuner. Un cincle plongeur sifflait, caché dans les branches, attendant de plonger dès qu’il repérerait son repas, nageant et louvoyant entre les pierres du ru qui alimentait l’étang.

Comme on était en semaine, Alfred était seul dans ce lieu paradisiaque, du moins c’est ce qu’il pensait. Alangui sur son embarcation immobile, il rêvait. Il était plutôt du genre « action », mais ne dédaignait pas, après le stress d’un braquage, de se ressourcer au calme de sa campagne.

La maison d’Alfred se trouvait à quelques pas de l’étang, retirée, à l’abri des regards indiscrets. Son épouse, Mireille préparait le repas :des alouettes sans tête, se doutant qu’Alfred ne rapporterait pas de quoi les nourrir tous les deux et leur fils de neuf ans. Soudain, elle entendit la porte moustiquaire claquer, quelqu’un était entré. Personne n’avait frappé, elle pensa qu’Alfred était déjà là. Pourtant, d’habitude, il ne rentrait pas avant midi, il se trouvait bien sur l’étang. Ou alors c’était leur fils, mais il était à l’école et lui aussi ne rentrait pas avant midi moins vingt. Elle se dirigea vers l’entrée, laissant les oiseaux de bœuf rissoler sur le feu. Elle se trouva face à un homme qu’elle avait déjà rencontré, un ami d’Alfred. Elle n’aurait toutefois su dire son nom.

EXTRAIT 4 : 23 mai 2010 (page 51)

On se serait cru en plein été, le soleil dardait à tout va. À neuf heures du matin, il faisait déjà vingt-quatre degrés.

– On n’aura pas froid ! J’espère que tu as mis les bouteilles de rosé dans la glacière.

– Eh ! Doucement Mathieu, on ne va pas là-bas pour se promener ou faire du tourisme, mais pour bosser. Je vous préviens, y’a du taf !

Christian avait demandé à quelques amis de lui donner un coup de main, ce week-end, pour commencer à débarrasser la « Grange ». Il y avait Mathieu, son meilleur pote et quelques copains habituels : José, Martin, Julien, Karine, et bien sûr Julie.

– Si tu commences à faire le pingre, j’irai plutôt au bord de la Méouge me faire bronzer. Tu vas pas nous faire crever de soif quand même ? râla Martin

– Non, rassurez-vous, il y a une belle source près de la ferme, je vous assure que l’eau est très fraîche !

– Bah ! de l’eau, et gratuite en plus ! Ça commence bien.

– Il va falloir garder l’esprit clair, mais il y a quand même une bouteille de rosé pour le repas, tu me connais, je suis généreux.

– Si j’ai bien compris, tu vas nous faire carburer à l’eau !

– Pas question de travail ! Ce ne sera que du plaisir : explorer une vieille bâtisse, découvrir ses secrets, récupérer d’anciens outils et lui redonner une vie nouvelle.

– Pour toi peut-être, mais nous, on s’en fout des vieilles pierres et des charrues rouillées. Mais on le fera quand même avec plaisir, pour notre ami Christian.

Tous éclatèrent de rire en se tapant dans le dos amicalement.

– Vous êtes trop cool les mecs, quand tout sera retapé, imaginez les fiestas à la campagne.

– Sûr, on pourra se faire des soirées de retraités de dingue : courses de déambulateurs, de fauteuils roulants et tout !

– Merci Julien pour ton optimisme.

Les jeunes gens partirent pour la « Grange », accompagnés bien sûr par Casper qui, se doutant de la destination, ne tenait pas en place et naviguait sur le siège arrière de la Polo, marchant allègrement sur les genoux des passagers.

– Arrête Casper ! Quand tu verras les grilles de la S.P.A, tu te calmeras, gronda Martin.

– Avant on doit s’arrêter à l’asile pour toi ! Ça lui fera de la place, renchérit Christian.

– LOL !

– C’est ce que pensait sûrement Casper.

Tous rirent de bon cœur.

À la sortie de Barret, les voitures empruntèrent un chemin chaotique sur la gauche. Christian ralentissant à peine, souleva une poussière faisant disparaître ses poursuivants qui durent quasiment s’arrêter. Julie, accrochée à la poignée, lui fit les gros yeux :

– T’as fini de faire ton baudet, crois-tu que ce soit le moment de remplacer la voiture ?

Casper qui ne s’était pas calmé se retrouva coincé entre les deux sièges.

– Mon pauvre chien, ton maître est barjot ! C’est pour lui qu’on va s’arrêter à l’asile, jubila Martin.

– Vu la praticabilité de l’accès, tu n’y coupes pas d’un 4×4. Quand il pleuvra, tu ne sortiras pas en polo ! Émit Julien, le plus intellectuel de tous.

– Ah ! Ah ! se contenta de répondre Christian, ralentissant tout de même.

La « Grange » apparut enfin. La voiture se gara sous un arbre et libéra ses occupants tout retournés. Casper partit comme un fou, heureux de retrouver sa campagne. Julie s’épousseta, comme si la poussière était rentrée dans l’habitacle :

– Grand fou va !

José et Karine tardèrent à arriver :

– J’espère qu’ils ne sont pas égarés ? plaisanta Julien.

– Ils se sont peut être arrêtés pour un besoin pressant !

Julie, comprenant l’allusion leva les yeux au ciel.

Arrivant enfin, Christian les chambra :

– Alors on s’est perdu ?

– Moi qui rêvait de faire le Paris-Dakar, ça va me faire un bon terrain d’entraînement. Heureusement ce sera plus cool !

Avant de débarrasser le matériel qui était dans les coffres, les amis firent un tour de la propriété.

– Finalement, j’aurais dû opter pour la Méouge, surtout s’il n’y a qu’une bouteille de rosé ! se plaint Mathieu.

– T’inquiètes, on refait pas tout aujourd’hui, on terminera le week-end prochain, le rassura Christian.

– Tu… termineras le week-end prochain, on sera pas là nous !…

EXTRAIT 5 : Avril 1973 (page 133)

Un jour, Mireille reçut un coup de fil de la directrice de l’école des « Pins verts » :

– Madame Bontan, je dois vous rencontrer de toute urgence, il se passe des choses graves avec votre fils Jacques. Vous êtes bien sa maman ?

– Oui, c’est moi, mais vous m’inquiétez ! Que se passe-t-il ?

– Je ne peux vous en parler au téléphone, venez à l’école demain à neuf heures, je vous attendrai.

Mireille mourrait d’inquiétude, que se passait-il avec Jacques ? Elle décida de l’interroger :

– Jacques ! Descends un peu ici, j’ai quelque chose à te demander.

– J’ai pas le temps, je fais mes devoirs.

– Tu les finiras après,  je n’en ai pas pour longtemps.

Le gamin descendit, sans se presser, comme s’il avait quelque chose à se reprocher.

– Ça va en ce moment à l’école ? Tu n’as pas de problèmes ?

– Si, justement j’en ai un gros que j’arrive pas à résoudre, il s’agit d’une baignoire qui fuit, et je dois trouver quand elle sera vide. On n’a pas de baignoire,  je ne sais pas comment faire.

– C’est pas de ça que je veux parler. Avec tes camarades ou la maîtresse ?

– Non, tout va bien, pourquoi ?

– Parce que la directrice veut me voir demain à ton sujet.

Jacques haussa les épaules et remonta terminer ses devoirs dans sa chambre.

Mireille en discuta avec sa sœur qui essaya de la rassurer :

– Il a dû faire une bêtise, c’est de son âge. Les institutrices exagèrent parfois la gravité, histoire d’affirmer leur autorité.

Mireille pensa que c’était sur les élèves qu’elle devait affirmer son autorité, pas sur les parents. Après avoir ruminé toute la nuit, Mireille se rendit le lendemain à l’école, alors que celle-ci n’était pas encore ouverte. Jacques se demandait pourquoi on venait si tôt, mais ne dit pas un mot tout au long du court trajet et Mireille ne lui posa pas de questions, elle allait savoir bientôt.

La directrice la reçut dans son bureau une demi-heure plus tard, alors qu’elle tournait en rond comme un poisson rouge dans son bocal :

– Madame Bontan, asseyez-vous je vous prie.

Son visage fermé n’augurait rien de bon, Mireille sentait son cœur s’emballer.

– Voilà, je crains malheureusement que nous ne puissions garder votre fils Jacques dans notre école. Il a emmené ceci dans l’établissement, et menacé ses camarades avec – elle déplia une serviette posée sur le bureau – Mireille resta stupéfaite, ses yeux faillirent sortir de leurs orbites : Un revolver qui lui paraissait énorme trônait sur le bureau.

– C’est un vrai ? put-elle simplement demander.

– Oui, malheureusement, soupesez-le !

Mireille replia ses mains, elle ne voulait pas toucher cette arme de guerre.

– D’où il sort ça ? Je ne comprends pas !… Vous dites qu’il a menacé ses camarades avec cette arme ?

La voix de Mireille chevrotait, elle était au bord de la crise de nerfs.

– Oui, plusieurs, je les ai convoqués, ainsi que votre fils.

Quelques enfants entrèrent dans le bureau, Jacques baissait la tête, les mains croisées sur son ventre.

Mireille allait s’emporter, mais la directrice leva la main pour l’en empêcher :

– Vous allez répondre à mes questions, chacun à votre tour, quand je vous interrogerai.

Les gamins furent tous questionnés, affirmant que Jacques les avait bien menacés avec le pistolet.

Voilà, je ne vous en dis pas plus, il y a beaucoup à lire (292 pages), et plein de rebondissements. La sortie est prévue à la fin de l’année.

D’ici là, courez-vite acheter les autres, ça me permettra de financer celui-ci (je suis auto-édité).


 

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