Les secrets d’Ursuline

 

Bientôt une nouvelle histoire. Cette fois-ci elle se passe dans la région.   Bien que ce soit une fiction, vous y retrouverez vos villages connus pour une intrigue familiale depuis les années 70 jusqu’à nos jours.

Le synopsis plus quelques extraits.

    Au décès de sa grand-mère Ursuline, Christian hérite de la ferme familiale, dans un petit village de Provence.

     Cet héritage va changer sa vie, car les vieilles bâtisses recèlent parfois des trésors, mais aussi des secrets qu’il vaudrait peut être mieux laisser enfouis.

     Lors de la restauration, Christian va aller de surprises en surprises et découvrir au travers des « secrets d’Ursuline », qu’il est issu d’une famille peu banale.

  L’histoire débute par un hold-up dans une bijouterie marseillaise dans les années 70. Les « casseurs » se réfugient ensuite dans un petit village des basses Alpes. En 2010, Christian assiste à l’enterrement de sa grand-mère Ursuline et va hériter de la « Grange » la ferme familiale. Il ne sait rien de sa famille et va découvrir des secrets insoupçonnés.

       Les chapitres, menés en parallèle, tantôt tristes, tantôt gais, vont se rejoindre pour la découverte des « secrets d’Ursuline ». Christian va découvrir  la vie chaotique de sa grand-mère, racontée par le curé du village qui était son confesseur. Une intrigue familiale surprenante.

EXTRAIT 1 :  13 juin 1972

Les deux hommes cagoulés, armés de fusil à canons sciés, firent irruption dans la bijouterie du boulevard Baille à Marseille.

– Couchez-vous tous par terre, les mains sur la nuque ! Si vous ne bougez pas il ne vous sera fait aucun mal !.. Sauf toi – désignant le bijoutier du bout du canon – Tu vas m’emmener au coffre et l’ouvrir. Et vite, tu es responsable de la vie de ces gens, grouille-toi !

L’autre homme ne dit rien, tout en surveillant les trois personnes allongées au sol, il récupérait les bijoux dans les vitrines qu’il avait fracturées. Le fracas ajoutait à la stupeur des clients qui tremblaient de tous leurs membres. En quelques minutes les sacs des bandits étaient remplis de colliers, parures, pierres précieuses, montres… Dans le coffre, des billets de banque et des lingots d’or. Les deux hommes repartirent aussi vite qu’ils étaient arrivés, en courant jusqu’à la voiture garée en double file quelques mètres plus loin où un complice les attendait. Elle démarra en trombe, les pneus crissant sur la chaussée. Il était neuf heures, la rue n’était pas encore encombrée, la voiture disparut rapidement dans la ville.Dans la bijouterie, les clients étaient ahuris, hébétés. Ils l’avaient échappé belle. Le bijoutier revint vers eux, livide, tremblant. Il n’arrivait pas à parler. « Il faut appeler la police » finit par avancer un des clients. Le patron de la bijouterie prit le téléphone et dut s’y prendre à plusieurs reprises pour arriver à composer le numéro. Son épouse arriva avec une bouteille de cognac pour tenter de réconforter les personnes présentes encore sous le choc.

EXTRAIT 2 : 19 mai 2010 (page 27)

Ce matin, Christian s’est levé de bonne heure. Il a passé une mauvaise nuit à réfléchir à ce qu’il pourrait bien faire de la « Grange » : c’est le nom de la ferme dont il va sûrement hériter, puisqu’il est seul désormais. Il pourrait la vendre, peut-être lui resterait-il quelque argent malgré les frais de succession. Mais c’est la seule chose qui lui reste de sa famille, une famille qu’il a peu connue, mis à part ses grands-parents. La réparer et l’entretenir lui coûterait beaucoup, et il ne se voit pas élever des lapins et des poules, pas plus que Julie. Il n’en n’ont pas parlé ensemble, ils ne sont pas encore mariés. Il se dit maintenant qu’il aurait dû lui demander conseil, mais c’est trop tard, il a rendez-vous chez le notaire de la famille à Sisteron dans moins d’une heure. Peut être que ce dernier lui donnera des idées et l’aidera à régler ce problème.

À neuf heures trente précises, Christian sonne à la porte de l’officier ministériel. Il est reçu aimablement par la secrétaire de l’étude qui le fait patienter quelques instants :

– Maître Chabran va vous recevoir dans quelques minutes, si vous voulez bien patienter dans la salle d’attente.

– Monsieur Bontan, je vous en prie, asseyez-vous. Recevez mes sincères condoléances. Je connaissais bien Ursuline… votre grand-mère, c’ était une brave femme, appréciée de tous.

Un instant de silence suit, le notaire semblant apparemment embarrassé, peu à l’aise.

– Passons maintenant à ce qui nous intéresse :

Ouvrant le dossier qu’il avait devant lui, le notaire sort une lettre et se racle la gorge :

– Madame Bontan, votre grand-mère donc, a porté à ma connaissance cette lettre un peu avant la mort de son compagnon, Edmond, votre grand-père. En voici les termes :

« Christian, tu es le dernier Bontan, aussi la ferme te revient. J’ai fait le nécessaire auprès de maître Chabran près de qui tu dois te trouver. Tout est réglé, tu peux disposer de la ferme à ta convenance. Peut-être ne comptes-tu pas la garder, mais avant de t’en débarrasser, relit la fable de la Fontaine « Le laboureur et ses enfants ». Les secrets de ta famille sont cachés dedans. Si tu veux tout savoir garde-là, sinon oublie d’où tu viens et ne cherche pas à savoir. J’ai voulu souvent te parler de notre famille, mais le courage m’a manqué à chaque fois. Ne me blâme pas pour ce que tu risques d’apprendre, j’ai fait tout ce que je pouvais pour toi. Perpétue la famille Bontan et sois heureux. »

Ursuline Bontan

 EXTRAIT 3 : 20 septembre 1972 (page 47)

C’était une de ces journées comme il n’en existe que dans les arrière-saisons du Midi. Les grosses chaleurs étaient passées, l’azur recouvrait entièrement les pins verts qui entouraient l’étang des Sablets, la température était idéale en ce début de matinée. Le soleil venait de naître à l’orient, son disque orange commençait à allonger les ombres des arbres, l’air était pur, l’onde ressemblait à un miroir. Seules quelques vaguelettes partaient de la barque où Alfred attendait que le bouchon de sa canne à pêche s’enfuie, attiré par quelque barbeau argenté, cherchant lui aussi un petit déjeuner. Un cincle plongeur sifflait, caché dans les branches, attendant de plonger dès qu’il repérerait son repas, nageant et louvoyant entre les pierres du ru qui alimentait l’étang.

Comme on était en semaine, Alfred était seul dans ce lieu paradisiaque, du moins c’est ce qu’il pensait. Alangui sur son embarcation immobile, il rêvait. Il était plutôt du genre « action », mais ne dédaignait pas, après le stress d’un braquage, de se ressourcer au calme de sa campagne.

La maison d’Alfred se trouvait à quelques pas de l’étang, retirée, à l’abri des regards indiscrets. Son épouse, Mireille préparait le repas :des alouettes sans tête, se doutant qu’Alfred ne rapporterait pas de quoi les nourrir tous les deux et leur fils de neuf ans. Soudain, elle entendit la porte moustiquaire claquer, quelqu’un était entré. Personne n’avait frappé, elle pensa qu’Alfred était déjà là. Pourtant, d’habitude, il ne rentrait pas avant midi, il se trouvait bien sur l’étang. Ou alors c’était leur fils, mais il était à l’école et lui aussi ne rentrait pas avant midi moins vingt. Elle se dirigea vers l’entrée, laissant les oiseaux de bœuf rissoler sur le feu. Elle se trouva face à un homme qu’elle avait déjà rencontré, un ami d’Alfred. Elle n’aurait toutefois su dire son nom.

EXTRAIT 4 : 23 mai 2010 (page 51)

On se serait cru en plein été, le soleil dardait à tout va. À neuf heures du matin, il faisait déjà vingt-quatre degrés.

– On n’aura pas froid ! J’espère que tu as mis les bouteilles de rosé dans la glacière.

– Eh ! Doucement Mathieu, on ne va pas là-bas pour se promener ou faire du tourisme, mais pour bosser. Je vous préviens, y’a du taf !

Christian avait demandé à quelques amis de lui donner un coup de main, ce week-end, pour commencer à débarrasser la « Grange ». Il y avait Mathieu, son meilleur pote et quelques copains habituels : José, Martin, Julien, Karine, et bien sûr Julie.

– Si tu commences à faire le pingre, j’irai plutôt au bord de la Méouge me faire bronzer. Tu vas pas nous faire crever de soif quand même ? râla Martin

– Non, rassurez-vous, il y a une belle source près de la ferme, je vous assure que l’eau est très fraîche !

– Bah ! de l’eau, et gratuite en plus ! Ça commence bien.

– Il va falloir garder l’esprit clair, mais il y a quand même une bouteille de rosé pour le repas, tu me connais, je suis généreux.

– Si j’ai bien compris, tu vas nous faire carburer à l’eau !

– Pas question de travail ! Ce ne sera que du plaisir : explorer une vieille bâtisse, découvrir ses secrets, récupérer d’anciens outils et lui redonner une vie nouvelle.

– Pour toi peut-être, mais nous, on s’en fout des vieilles pierres et des charrues rouillées. Mais on le fera quand même avec plaisir, pour notre ami Christian.

Tous éclatèrent de rire en se tapant dans le dos amicalement.

– Vous êtes trop cool les mecs, quand tout sera retapé, imaginez les fiestas à la campagne.

– Sûr, on pourra se faire des soirées de retraités de dingue : courses de déambulateurs, de fauteuils roulants et tout !

– Merci Julien pour ton optimisme.

Les jeunes gens partirent pour la « Grange », accompagnés bien sûr par Casper qui, se doutant de la destination, ne tenait pas en place et naviguait sur le siège arrière de la Polo, marchant allègrement sur les genoux des passagers.

– Arrête Casper ! Quand tu verras les grilles de la S.P.A, tu te calmeras, gronda Martin.

– Avant on doit s’arrêter à l’asile pour toi ! Ça lui fera de la place, renchérit Christian.

– LOL !

– C’est ce que pensait sûrement Casper.

Tous rirent de bon cœur.

À la sortie de Barret, les voitures empruntèrent un chemin chaotique sur la gauche. Christian ralentissant à peine, souleva une poussière faisant disparaître ses poursuivants qui durent quasiment s’arrêter. Julie, accrochée à la poignée, lui fit les gros yeux :

– T’as fini de faire ton baudet, crois-tu que ce soit le moment de remplacer la voiture ?

Casper qui ne s’était pas calmé se retrouva coincé entre les deux sièges.

– Mon pauvre chien, ton maître est barjot ! C’est pour lui qu’on va s’arrêter à l’asile, jubila Martin.

– Vu la praticabilité de l’accès, tu n’y coupes pas d’un 4×4. Quand il pleuvra, tu ne sortiras pas en polo ! Émit Julien, le plus intellectuel de tous.

– Ah ! Ah ! se contenta de répondre Christian, ralentissant tout de même.

La « Grange » apparut enfin. La voiture se gara sous un arbre et libéra ses occupants tout retournés. Casper partit comme un fou, heureux de retrouver sa campagne. Julie s’épousseta, comme si la poussière était rentrée dans l’habitacle :

– Grand fou va !

José et Karine tardèrent à arriver :

– J’espère qu’ils ne sont pas égarés ? plaisanta Julien.

– Ils se sont peut être arrêtés pour un besoin pressant !

Julie, comprenant l’allusion leva les yeux au ciel.

Arrivant enfin, Christian les chambra :

– Alors on s’est perdu ?

– Moi qui rêvait de faire le Paris-Dakar, ça va me faire un bon terrain d’entraînement. Heureusement ce sera plus cool !

Avant de débarrasser le matériel qui était dans les coffres, les amis firent un tour de la propriété.

– Finalement, j’aurais dû opter pour la Méouge, surtout s’il n’y a qu’une bouteille de rosé ! se plaint Mathieu.

– T’inquiètes, on refait pas tout aujourd’hui, on terminera le week-end prochain, le rassura Christian.

– Tu… termineras le week-end prochain, on sera pas là nous !…

EXTRAIT 5 : Avril 1973 (page 133)

Un jour, Mireille reçut un coup de fil de la directrice de l’école des « Pins verts » :

– Madame Bontan, je dois vous rencontrer de toute urgence, il se passe des choses graves avec votre fils Jacques. Vous êtes bien sa maman ?

– Oui, c’est moi, mais vous m’inquiétez ! Que se passe-t-il ?

– Je ne peux vous en parler au téléphone, venez à l’école demain à neuf heures, je vous attendrai.

Mireille mourrait d’inquiétude, que se passait-il avec Jacques ? Elle décida de l’interroger :

– Jacques ! Descends un peu ici, j’ai quelque chose à te demander.

– J’ai pas le temps, je fais mes devoirs.

– Tu les finiras après,  je n’en ai pas pour longtemps.

Le gamin descendit, sans se presser, comme s’il avait quelque chose à se reprocher.

– Ça va en ce moment à l’école ? Tu n’as pas de problèmes ?

– Si, justement j’en ai un gros que j’arrive pas à résoudre, il s’agit d’une baignoire qui fuit, et je dois trouver quand elle sera vide. On n’a pas de baignoire,  je ne sais pas comment faire.

– C’est pas de ça que je veux parler. Avec tes camarades ou la maîtresse ?

– Non, tout va bien, pourquoi ?

– Parce que la directrice veut me voir demain à ton sujet.

Jacques haussa les épaules et remonta terminer ses devoirs dans sa chambre.

Mireille en discuta avec sa sœur qui essaya de la rassurer :

– Il a dû faire une bêtise, c’est de son âge. Les institutrices exagèrent parfois la gravité, histoire d’affirmer leur autorité.

Mireille pensa que c’était sur les élèves qu’elle devait affirmer son autorité, pas sur les parents. Après avoir ruminé toute la nuit, Mireille se rendit le lendemain à l’école, alors que celle-ci n’était pas encore ouverte. Jacques se demandait pourquoi on venait si tôt, mais ne dit pas un mot tout au long du court trajet et Mireille ne lui posa pas de questions, elle allait savoir bientôt.

La directrice la reçut dans son bureau une demi-heure plus tard, alors qu’elle tournait en rond comme un poisson rouge dans son bocal :

– Madame Bontan, asseyez-vous je vous prie.

Son visage fermé n’augurait rien de bon, Mireille sentait son cœur s’emballer.

– Voilà, je crains malheureusement que nous ne puissions garder votre fils Jacques dans notre école. Il a emmené ceci dans l’établissement, et menacé ses camarades avec – elle déplia une serviette posée sur le bureau – Mireille resta stupéfaite, ses yeux faillirent sortir de leurs orbites : Un revolver qui lui paraissait énorme trônait sur le bureau.

– C’est un vrai ? put-elle simplement demander.

– Oui, malheureusement, soupesez-le !

Mireille replia ses mains, elle ne voulait pas toucher cette arme de guerre.

– D’où il sort ça ? Je ne comprends pas !… Vous dites qu’il a menacé ses camarades avec cette arme ?

La voix de Mireille chevrotait, elle était au bord de la crise de nerfs.

– Oui, plusieurs, je les ai convoqués, ainsi que votre fils.

Quelques enfants entrèrent dans le bureau, Jacques baissait la tête, les mains croisées sur son ventre.

Mireille allait s’emporter, mais la directrice leva la main pour l’en empêcher :

– Vous allez répondre à mes questions, chacun à votre tour, quand je vous interrogerai.

Les gamins furent tous questionnés, affirmant que Jacques les avait bien menacés avec le pistolet.

Voilà, je ne vous en dis pas plus, il y a beaucoup à lire (292 pages), et plein de rebondissements. La sortie est prévue à la fin de l’année.

D’ici là, courez-vite acheter les autres, ça me permettra de financer celui-ci (je suis auto-édité).


 

Qui a tué Paty?

 

Pour ce quatrième ouvrage, UN POLAR.

Pas un western policier, avec des quantités de cadavres, des poursuites en voitures et des tonnes de balles tirées.

Non, une enquête qui réunit un commissaire plutôt « humain », un inspecteur ripoux, une jeune policière débutante et un As de l’informatique.

L’enquête ne sera pas simple, et il faudra toute l’expérience de « Berlu » pour venir à bout de l’énigme.

Le suspense qui durera jusqu’aux toutes dernières pages, étonnera sans nul doute le lecteur.

220 pages pour savoir qui a tué Paty.

Quelques extraits pour vous donner une idée:

« Cet après-midi, il faisait beau sur la capitale. Heureusement. Il avait plu hier, le week-end ne serait pas complètement gâché. On pourrait en profiter. C’est ce qu’avait fait le groupe qui était sur « La Seine », un bateau-mouche, bondé comme aux plus beaux jours de l’été. La vedette était passée sous le pont de Bir-Hakeim et allait avoir sur sa gauche les jardins du Trocadéro et à sa droite la tour Eiffel. Juste avant de passer le pont d’Iéna, elle ralentit, de plus en plus, allant jusqu’à s’arrêter. Les passagers, levant les yeux, épatés et ébahis, ne s’inquiétèrent pas, pensant que c’était voulu, afin de contempler la « Dame de fer », fierté parisienne qui élançait son antenne à plus de trois-cents mètres, dans le bleu du ciel. Le pilote, lui, ne regardait pas en l’air, mais le pupitre de commande au beau milieu duquel un gros voyant rouge clignotait, qui indiquait une anomalie : l’hélice s’était arrêtée de tourner, et pas pour laisser les touristes admirer les alentours.

… On a une passagère clandestine, dit en douce Julien au capitaine, le cadavre d’une femme est accroché à l’hélice par une corde. Il semblerait qu’elle ait des menottes aux chevilles !

– Bon sang ! Je vais appeler la brigade fluviale. Mais avant, il faut évacuer le bateau. Jette l’ancre pour éviter la dérive. J’appelle la compagnie, qu’ils envoient une vedette rapidement.

Assis sur son fauteuil de toile, Bernard Ludon somnole plus qu’il ne pêche. Il a profité de cette belle journée d’automne pour taquiner le goujon sur les bords de la Marne : son occupation favorite. Mais apparemment le poisson aussi est parti en promenade, car depuis ce matin, seulement trois bouvières et deux rotengles se partagent le panier de pêche : pas de quoi faire un repas !

Bernard ne se lasse pas de ce cadre poétique et mélancolique, du silence seulement troublé par les oiseaux cachés dans les arbres et le bruissement des feuilles des saules qui pleurent jusque dans l’eau. Mais ce silence est soudainement interrompu par une musique familière qui provient de la poche de sa veste de pêche : son téléphone portable.

Il maudit ce son aigu et perturbateur, mais sort tout de même l’appareil de sa poche. Si ce n’était pour rester toujours en contact avec sa vieille mère âgée de quatre-vingt-sept ans, et qui peut l’appeler à tout moment, il balancerait ce foutu téléphone à l’eau. Il jette un œil et reconnaît le numéro de la « maison » : Bernard Ludon est commissaire divisionnaire au commissariat du sixième arrondissement, où il est appelé familièrement « Berlu ».

– Ah non ! Pas aujourd’hui, pas maintenant ! C’est dimanche.

Berlu laissa le téléphone sonner. Ils pouvaient se débrouiller tout seuls au commissariat, dans deux mois il ne serait plus là, il fallait qu’ils commencent à s’habituer. De toute façon, Patrick le remplacerait, et même si Berlu en doute, il était apte à mener une enquête. Oui, mais c’était encore lui le chef !

Le portable sonna à nouveau, Berlu décrocha.

...Fred sonna, attendit un moment, pas de réponse, il appuya une nouvelle fois, toujours rien. La patience n’étant pas la qualité principale du lieutenant, il maintint la sonnette longuement, en frappant la porte avec son autre poing en criant : « police ouvrez ! ». La porte ne s’ouvrit pas, enfin pas celle-là. Juste en face, un double « clac clac » fit se retourner les deux policiers, et par la porte entrebâillée, une vieille dame les regardait, inquiète :

– Je ne crois pas qu’il soit là, je l’ai vu partir hier, avec deux gros sacs.

Nadine présenta la photo que lui avait donnée Sam :

– Il s’agit bien de cet homme ?

– Oui, affirma la vieille, il a fait quelque chose de mal ?

– Vous le voyez souvent ? Est-ce qu’il est accompagné ou seul ?

– Vous savez, je ne m’occupe pas des voisins, je ne pourrais pas vous dire.

« Bien sûr » pensait Nadine, « dès qu’on frappe à sa porte elle vient voir, et le judas doit être bien pratique aussi. »

– Jamais vous n’avez remarqué quoi que ce soit ?

– Oh si ! Parfois ils viennent à plusieurs, que des garçons, ils font la fête, bruyamment, jusque tard dans la nuit, mais le lendemain il s’excuse. Puis ça recommence un autre jour. Heureusement il n’est pas souvent là.

– Et vous n’avez jamais vu de fille ?

– Si bien sûr ! Il y aussi du bruit, mais ce n’est pas la même chose, si vous voyez ce que je veux dire !

– Bien sûr. Quand l’avez-vous vu avec une femme pour la dernière fois ?

– Je ne sais plus, je ne passe pas mon temps à surveiller !

– Alors, quand y a-t-il eu du « bruit » la dernière fois si vous préférez ?

Ah ! ça doit être jeudi passé il me semble, mais je ne suis pas sûre. Vous savez, à mon âge la mémoire est plus volatile…

La vie de château

-On retrouve ici un peu le style des grottes blanches: Une histoire familiale, pleine de cocasseries, qui pourrait être celle de tout le monde.

-Une famille décide de passer ses vacances d’été dans un château  pour vivre une vie de châtelains.

-Mais la vie de château n’est pas toujours aussi belle qu’on pourrait le penser, et la famille va aller de péripéties en aventures rocambolesques et se retrouver dans un autre siècle, confrontée à des personnages hauts en couleurs.

232 pages d’Humour garanti.

 

Quelques passages pour donner le ton:

 « Les propriétaires avertis de l’arrivée étaient là, au grand complet, droits dans leurs nobles apparats, comme il se devait. Alignés comme à la parade, les parents : Hubert de Parly, son épouse Marie-Ange, les enfants : Aubin et Marie-Charlotte et les grands-parents : Ernest-Antoine et Hortense.

– On dirait qu’ils reçoivent la reine d’Angleterre ! Il ne manque que le tapis rouge.

– Théo, ne commence pas avec tes réflexions ! Et tâche de modérer ton langage pour une fois, à défaut d’être bourgeois, ayons l’air bien élevés. 

Édouard le majordome était là aussi, costume noir, nœud papillon, gants blancs. Il s’approcha pour ouvrir la portière, d’abord à Sylvie, puis voulut faire le tour pour faire de même à François, mais ce-dernier était déjà sorti et saluait leurs hôtes.

… Hubert de Parly s’avança, se courbant pour saluer :

– Heureux de vous accueillir dans notre demeure, j’ose espérer que le voyage s’est bien passé.

Grand, la cinquantaine bien sonnée, le port droit, cheveux blancs, visage hâlé, une tignasse faussement en bataille, le sourcil épais, il émanait de lui un charisme certain, en tous cas un air pour le moins aristocrate. Costume beige en lin, foulard bleu-marine à pois blancs, chaussures plates bicolores Ralph Lauren, il ne manquait pas de prestance.

François, un peu gêné, bermuda vert olive, tee-shirt jaune paille sur lequel on pouvait lire en gros caractères : « je ne baille pas, je suis étonné ! » et des sandales tout-terrain, rendit le salut, à la japonaise, n’osant tendre la main…


« … François pour sa part, décida de se rendre au jardin d’agrément qui faisait également office de potager.  Passant devant une dépendance qui servait d’atelier, il entendit un cri :

« Non de Dieu de bordel de merde! Putain de marteau ! »

S’avançant timidement vers la porte entrouverte, il aperçut Hubert se tenant le doigt, sautillant sur ses pieds. :

– Çà va, pas trop de bobo!

– Voilà ce qu’il arrive quand on a l’habitude de donner le travail manuel aux autres . Il y a bien longtemps que je n’avais utilisé ce marteau, il m’en a apparemment tenu rigueur. Ne vous inquiétez pas, mon ami, ce n’est rien. Quant au langage, vous savez, il vient parfois directement du cœur. Une douleur subite peut en court-circuiter le cheminement, et c’est alors l’instinct qui parle. Je vous saurez gré, si vous le voulez bien, de n’avoir pas entendu ce phrasé malencontreux.

– Je comprends bien, il est bon parfois de laisser parler son cœur. De toutes façons, je n’ai rien entendu !

– Merci, je me doutais bien que vous étiez noble. »

Histoires de Normands

-Le thème ici est tout à fait différent: c’est un roman historique.

-Attention, ce n’est pas un livre d’Histoire, mais plutôt d’histoires, c’est à dire de contes.

-Même s’il ne fait pas impasse sur la réalité historique, celle-ci n’est pas approfondie, le soin étant laissé aux spécialistes en la matière.

-Bien que la plupart des personnages aient existé, les aventures qui sont contées, tirées de légendes ou d’anecdotes, même si elles auraient pu se passer ainsi, sont sorties de mon imagination.

-Alors, tout n’est pas vrai, mais tout n’est pas faux: la généalogie est respectée, les batailles ont bien eu lieu, les dates citées sont affirmées, le reste est un roman qui vous fera vivre, depuis les invasions des premiers vikings jusqu’à la bataille d’Hastings, où Guillaume le conquérant est devenu roi d’Angleterre, la naissance de la Normandie.

-Pas besoin d’être amateur d’Histoire pour se plonger dans ces histoires de Normands, et de se laisser transporter presque mille ans en arrière, dans une époque de batailles, mais aussi d’amour et de poésie.

(264 pages à venir)

Quelques extraits pour vous donner le ton

Les vikings:

« On était au mois de juin, dans cette période où les jours sont normalement les plus longs. Pourtant en cette fin d’après-midi, il faisait déjà nuit. Le soleil avait rapidement disparu derrière des nuages noirs et bas, les vagues couronnées d’écume blanche partaient à l’assaut des cieux, se mêlant à l’empyrée, dans une uniformité sinistre comme on n’en avait rarement vu, surtout en cette saison… »

« …Quand ces dragons auréolés arrivèrent sur la plage, ils vomirent sur le sable des nuées de diables à l’apparence humaine. Chevelus, barbus, vêtus de peaux de bêtes, coiffés de casques cornus, ils tenaient d’une main un bouclier multicolore sur lequel ils frappaient avec l’épée qu’ils avaient dans l’autre main… »

Hastings:

« … C’est alors que le chevalier Taillefer se présenta au duc:

-Seigneur, m’accorderez-vous encore cette fois le privilège de lancer la bataille?

Taillefer était un chevalier jongleur réputé. De tous les combats, il avait l’habitude, au début d’une bataille, de jongler avec ses armes, de façon si habile, qu’il impressionnait ses amis autant que ses ennemis.

Guillaume, habitué à ce rituel, ne voulut refuser; toutefois il mit en garde Taillefer:

-La bataille qui va se dérouler aujourd’hui n’est pas ordinaire, si tant est qu’on puisse dire qu’une bataille est ordinaire. Ce jour est unique et ta jonglerie pourrait te coûter la vie!

-Je prends le risque, surtout si le jour est unique!…

Robert le magnifique:

… Le cheval du duc ne tenait pas en place, se cabrant, hennissant, excité par la furie du combat.

Guillaume trépignait. Il ne quittait pas des yeux Robert, espérant que celui-ci restât en cette place encore un moment :

– Mais où donc est cet archer de malheur ! Que n’ai-je appris moi-même le maniement de cette arme !

Un jeune homme arriva alors, il ne devait avoir guère plus de quinze ans ; ses traits étaient encore ceux d’un enfant.

– Enfin te voilà ! quel est ton nom ?

– Alvin, seigneur.

– Tu es un vaillant archer à ce qu’il paraît, c’est l’heure de le montrer. Vois ce chevalier là sur la droite, place un trait dans l’ouverture de son heaume et je te ferai baron sur le champ. Fais vite, une couronne en dépend ! 

Le jeune soldat prit une flèche, leva son arc. Il visa la cible indiquée, mais avant même de le bander, il se mit à trembler de tout son corps et laissa retomber son bras.

– Que t’arrive-t-il donc, tu as vu un fantôme ? Hâte toi, il ne va pas t’attendre !

Il avait reconnu le port et l’équipage noble de son suzerain :

– C’est …que… je ne peux pas maître… il s’agit du duc !

Guillaume devint rouge de colère, il hurla si fort aux oreilles d’Alvin que les soldats les plus proches s’écartèrent :

– Tu préfères peut-être que je t’envoie par dessus la muraille ! Tu verras alors ce que le duc fera de toi ! tire morbleu ! c’est ta gloire ou ta tête !

Le jeune homme, contraint, remit la flèche sur son arc, et, tremblant sous le poids de sa responsabilité, visa et tira.

Le trait partit en un long sifflement vers sa prestigieuse cible…

 

Le secret des grottes blanches

J’ai toujours aimé l’écriture, les citations, les belles phrases, et il y a longtemps que j’avais dans l’idée d’écrire un roman.

Mais je n’ai jamais pris le temps de le faire. Maintenant que je suis dégagé des obligations du travail, je me suis lancé.

Je suis parti dans le noir en ce qui concerne l’écriture, ça n’a jamais été mon métier, et mis à part à l’école, je n’ai pas fait d’études pour ça.

Déjà heureux d’avoir réussi à noircir presque 300 pages avec ce premier livre, les retours ont été plutôt bons, c’est encourageant. (vous pouvez laisser un commentaire).

Pourtant, il n’était pas parfait. Comme je l’ai édité moi-même, il restait plein d’erreurs: d’orthographe, de mise en page, je les  ai corrigées pour la réédition. L’expérience aidant, le second sera plus abouti techniquement.

Quelques extraits savoureux:

Le casting

« … Sur la file de gauche, Micheline Jaubert se présenta à Alain tout souriant :

– Dites-moi vos : nom, prénom, âge et qualité,

– De nom, j’en ai qu’un : Jaubert, mes prénoms sont : Micheline, Odile, Christine, mes qualités : gentille, travailleuse, et quand on est un homme galant, on ne demande pas l’âge d’une dame !

Tous ceux qui avaient entendu éclatèrent de rire :

– Ben quoi, c’est vrai, on ne demande jamais son âge à une dame !

Alain sourit :

– Madame, on n’a pas le temps de s’amuser. Regardez le nombre de personnes qui attendent, quand je dis qualité, ça veut dire votre travail, et ce n’est pas moi qui veux savoir votre âge, c’est pour le rôle.

– Alors, pourquoi vous dites qualité, vous avez qu’à dire travail, on comprendra !

– Répondez à mes questions ou poussez-vous, les autres attendent !

– Bon, je suis couturière, vous devriez le savoir, puisque je vais travailler pour votre patron et mon âge c’est vingt-cinq ans.

Pascal Marol, l’instituteur juste derrière Micheline intervint :

– Je croyais que tu avais vingt-huit ans.

– Quelle importance, il a pas besoin de savoir mon âge réel puisqu’il s’en fout !..

 


Scènes dans le village:

... La rue s’anima, comme à l’habitude : les villageois se rendaient chez les commerçants, la caméra les suivait, s’approchait d’eux. Le perchman tenait le micro au-dessus de leurs têtes pour saisir leurs bavardages. Ce qui agaça Nicole qui finit par regarder en l’air, puis fixa la caméra et se mit à bégayer.

‒ Coupez ! lança Didier. S’adressant à Nicole :

‒ On vous a dit de ne pas regarder les caméras, faites comme s’il n’y avait personne.

‒Plus facile à dire qu’à faire, j’ai pas l’habitude qu’on me tourne autour.

Madeleine toujours aussi délicate s’exprima :

‒ C’est sûr qu’avec la tête qu’elle a personne ne doit lui tourner autour !

Nicole n’était pas, il faut le dire, particulièrement belle.

‒ Tu dois pas avoir de miroir chez toi, tu t’es vue ! tu ferais mieux de la fermer !

Il fallut l’intervention de plusieurs personnes pour évi­ter le crêpage de chignon en règle…


La scène du mariage

… Il y eut donc, ce matin-là, une grande animation sous les barnums. Il y avait beaucoup de monde à habiller et à maquiller. Les deux vedettes, sachant que c’était long, étaient ve­nues de bonne heure. Quant aux figurants, on n’en eut que quelques-uns à habiller. Les autres s’étant présentés dans des vêtements de leur famille. La maquilleuse : Juliette Lauri, n’eut pas trop à faire non plus, la plupart étaient sur leur trente-et-un. Il y eut quand même quelques cas épiques, comme Alphonse, soixante-seize ans, qui était venu vêtu de son uniforme bleu horizon de la grande guerre au complet : la capote croisée à double bouton­nage, les culottes en velours côtelé, les bandes molletières, les brelages en toile, le ceinturon, la cartouchière  ersatz  le Bar­da de campagne As de Carreau  complet, et même le Fusil Le­bel avec sa baïonnette, tout y était.

Il se présenta à Michèle au garde à vous :

‒ Alphonse Duvernet, poilu de la guerre de 14/18. J’étais au  chemin des dames à Soissons en 1917, sous les ordres du Général Nivelle, j’avais dix-neuf ans.

Michèle ne savait comment le renvoyer, il était si fier d’arborer ce costume dans lequel tant de ses conscrits avaient donné leur vie pour la pa­trie.

‒ Monsieur Duvernet, c’est un honneur de vous rencon­trer, mais malheureusement la scène que nous allons tourner se situe en 1940, pendant la seconde guerre, comprenez que nous ne pouvons pas inclure un poilu. Malgré tout le respect que je vous dois.

‒ Bien sûr la grande guerre on n’en parle jamais, c’est trop loin ! il tourna les talons et s’en retourna déçu.